Mise en tourisme - écrit par Evelyne Lehalle, le 21 janvier 2008 - 0 commentaire

Où mettre les dépliants pour qu’ils soient vraiment distribués ?

Cette question en pose d’autres, c’est pour cela que nous l’avons choisie parmi les FAQ, questions fréquemment posée à ODIT France, et à laquelle nous répondons de la façon suivante :

  • Avant de distribuer le dépliant : comment a-t-il été conçu et par qui ?
    Les dépliants « culturels » ont souvent besoin des compétences techniques des professionnels du tourisme; ces opérateurs connaissent leurs clientèles existantes et potentielles, et ont différentes stratégies pour les atteindre. Cela peut avoir des incidences sur :

    • la traduction en langues étrangères ; les modes de présentation pour les groupes, les individuels ; le vocabulaire employé ( une relecture est souvent source de clarté, permet de remplacer des termes du scientifique, du professionnel par leur équivalent en français classique, etc…)
    • La communication et le marketing sont davantage le fait des professionnels du tourisme que, sauf exception, de ceux de la culture. Un rapprochement est donc indispensable qui sera utile à la construction d’une offre adaptée aux différents profils de la clientèle.
  • Quels sont les lieux les plus fréquentés, les mieux adaptés à la distribution d’un dépliant ?
    Les offices du tourisme sont d’excellents prescripteurs, mais ils ne sont pas majoritaires pour l’accueil des touristes. Cependant ils sont incontournables, source d’expertise et de conseil pour tous les touristes qu’ils accueillent.

- D’autres lieux, comme les lieux culturels, sont systématiquement partenaires, au mieux, d’un réseau culturel  qui peut effectivement être source de diffusion.

- D’autres pistes sont pourtant aussi incontournables que ces piliers de l’information : les lieux publics très fréquentés, les lieux du tourisme (transports, hébergement et restauration, supermarchés).

- Comme il est difficile de placer des dépliants « partout » où il y a du monde, n’est-il pas indispensable d’avoir, pour chaque lieu culturel ou un réseau, une stratégie touristique et culturelle, un calendrier, des objectifs qui permettent des évaluations, et en particulier des résultats de la distribution ?

  1. Etablir cette stratégie, faire des choix : voilà qui pemettra de ne distribuer les dépliants que de façon pertinente, là où l’on saura que le public (les clientèles, pour le Tourisme) que l’on vise en priorité, est bien présent. Ce peuvent être des lieux fréquentés par telle nationalité, classe d’âge, ou telle CSP. Le marketing est un très grand amateur de segments, mieux vaut sans doute y passer un peu de temps que trop dépenser en fabrication de dépliants et en distribution. 
  2. D’autres solutions existent , plus personnalisées : les “routeurs”, dont c’est le métier, peuvent aussi vous proposer des locations d’adresses : par exemple, faire un routage à tous les amateurs  photographie d’une région (Pour un dépliant annonçant une exposition de photos).
  • Insérer la diffusion dans des actions de parenariat

Enfin la « visite sèche » d’un lieu culturel est, toutes les études le démontrent, plutôt réservée aux amateurs, aux habitués de la visite culturelle. Avoir, dans un lieu culturel des informations sur les autres composantes du séjour que sont l’hébergement, le transport ou la restauration nuirait-il à la visite culturelle ? Ne peut-on pas imaginer des partenariats entre Office de Tourisme/lieu culturel, une forme d’échanges de dépliants ou tout au moins d’échanges entre les ressources du territoire ? Le partenariat avec les structures peut concerner « in fine », la fameuse distribution des dépliants, avec un modus operandi  (« …Et merci de me prévenir quand il n’y en aura plus !!! ») mais ce partenariat peut surtout être fructueux pour l’échange  entre tourisme et culture, grâce à un travail qui s’appuiera sur la complémentarité des compétences.

  • Proposer de nouveaux services aux clientèles touristiques, selon leur profil et en utilisant des ressources adaptées peut différencier une offre de visite, l’améliorer.
  • Les nouvelles tendances du marketing culturel - voir la  Revue Espaces n° Spécial de décembre 2006, sur le marketing de la culture en Europe, - sont aujourd’hui peu connues des professionnels de la culture. Il est cependant indispensable de les étudier, pour une plus grande efficacité de l’information. Car ces comportements peuvent avoir des incidences sur toute la chaîne d’actions à mettre en oeuvre pour améliorer la fréquentation, y compris sur la distribution de dépliants. Citons à titre d’exemple deux tendances des comportements actuels, pour les touristes français et européens :

- La préparation de la visite sur Internet ; une demande de rencontres, de convivialité;

- Et un ”incontournable “: la fin d’une très forte saisonnalité et l’étalement des courts-séjours.

Conclusion

Les politiques des publics sont très majoritairement orientées vers les publics de proximité (scolaires, associations, comités d’entreprise, politique de la ville, etc…) alors que souvent plus de la moitié des visiteurs sont des touristes, soit des personnes absentes  une nuitée au moins hors de leur lieu de résidence habtuel.

On évoque, pour cet effort considérable auprès des publics locaux, les moyens mis en oeuvres pour démocratiser l’accès à la culture. Pourtant le tourisme est aussi source de démocratisation, puisque l’on ne visite pas forcément le musée de sa ville (ou de sa campagne…) mais presque toujours celui du lieu de séjour (Vacances, Affaires, sport, randonnée…) . Toutes les études réalisées sur cette question l’ont montré.

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Commentaire

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