Fréquentation, Mise en tourisme - écrit par Evelyne Lehalle, le 24 janvier 2008 - 2 commentaires

La signalétique : les bonnes démarches

La signalétique des lieux touristiques et culturels obéit au souhait que  tout site repéré doit pouvoir être accessible facilement et visitable dans de bonnes conditions. Des expertises et des études préalables doivent être réalisées avant de réaliser la signalisation. Cependant l’ensemble de la démarche - créer une signalétique -  reste très pragmatique, s’appuyant sur de nombreuses études, dont les études de comportement des visiteurs au niveau international. Les principes sont ceux qui régissent les objectifs de toute visite : pouvoir se repérer et aller dans la direction voulue (Routes, parcours d’un musée, d’un monument) ou changer de direction pour satisfaire des besoins (pouvoir se restaurer).

Le danger le plus fréquent est celui de la « rupture » de la signalétique, ou encore celui d’une signalétique trop importante (carrefours, lieux complexes, étagés). Enfin la signalétique de l’espace public des autoroutes, routes, parkings, villes etc.. est l’affaire des propriétaires des lieux (Etat/société privée/collectivités territoriales).

Tester le parcours…Et ne pas “tout” demander à la signalétique!

La boucle de l’évaluation « formative » doit être respectée . Lorsque l’évaluation a autorisé une installation définitive, le choix d’opérateurs professionnels peut être mis en œuvre (cahier des charges, choix d’un opérateur) selon le budget prévu. L’évaluation doit suivre les différents parcours, avec des modes d’accès différents (automobiles/piétons…). La visibilité, la continuité du parcours constituent l’objectif principal.

Les écarts entre cet objectif et les résultats observés feront l’objet de nouveaux essais et d’évaluation des résultats, jusqu’à l’obtention d’un parcours “satisfaisant”. Les critères de “satisfaction” peuvent être appréciés et modulés ; car il est évident que certains sites, trop complexes, ont dû investir - création de routes ; ouverture d’accès - parce que la signalétique ne peut pas faire de miracles lorsque les difficultés sont trop nombreuses, les sites trop complexes ou “la” décision trop diluée (opérateurs multiples; plusieurs réglements intérieurs, etc…)

Signalétique dans le lieu

Les sites, lieux ou évènements culturels ont une obligation de signalétique, d’autant que les parcours sont largement déterminés par les responsables scientifiques pour les collections, par la sécurité des œuvres et des personnes, par la sécurité incendie ou de travaux en cours etc… L’idée qu’il est bon de flâner dans un lieu culturel, de ne pas suivre un parcours pré-établi ne résiste pas à la demande très majoritaire (90%) des publics qui souhaitent savoir où ils vont, comment ils doivent se diriger. Pour 10% des visiteurs spécialistes des lieux culturels (grands amateurs, professionnels, habitués… ) qui utilisent peu la signalétique, il ne semble pas que celle-ci les gênerait dans leur vagabondage. Par contre l’angoisse de « se perdre » au sein d’un lieu, le désarroi de « perdre le groupe » lors de visites à plusieurs, l’impossibilité de s’ écarter du chemin sont des désagréments qui ne devraient pas avoir lieu. Ces inconvénients nuisent à la découverte paisible, à l’attention portée aux œuvres ou aux objets. La signalétique donne du sens à la visite, dans les deux acceptions du mot.

Les plans et autres GPS

Pour avoir réalisé de nombreuses études de cas, nous avons un doute sur la lecture des plans et leur mise en application! Dans une abbaye du sud de la France, l’observation de centaines de visiteurs pendant trois jours, qui regardaient un plan de l’abbaye et devaient ensuite le garder en mémoire pour s’orienter et se diriger fut instructive. Plus les visiteurs observés restaient longtemps à regarder le plan, moins ils arrivaient ensuite à trouver leur chemin. Il n’existe pas de pourcentage, faute d’étude approfondie, sur le nombre des personnes qui ont des difficultés à lire un plan et à l’utiliser, mais d’après notre expérience, plus de la moitié des visiteurs lisent et utilisent mal le plan, même s’il est utilisé en « perspective cavalière ».

Le GPS, aujourd’hui possible dans les grands sites (chantiers archéologiques ; grands jardins ; tourisme urbain ; etc…) est incontestablement une révolution qui permet de ne plus redouter les inconvénients d’ une signalétique déficiente. Actuellement présent sur de nombreux dispositifs d’audioguidage (Voir nos pages NTIC et visite culturelle, sur ce site, pour en savoir plus! ), le GPS n’ est toutefois pas la solution optimale pour l’intérieur des lieux.

Les progrès à faire

Les améliorations de la signalétique sont sans doute les suivantes, à l’avenir :

  • Lier les lieux, sites et évènements culturels à d’autres activités. Un tout premier audioguide culturel couplant les TIC avec le GPS, en 2006, a proposé une visite de Paris avec les lieux de culture et une possibilité permanente de s’adapter, sans se perdre, pour se restaurer, faire du shopping ou une ballade en bateau-mouche.(Sté DIGIGUIDE)
  • Mieux avertir, dès l’entrée dans le lieu, de la durée de la visite et du parcours qui sera suivi. Le cas d’errance classique est le suivant : quand on entre dans une enfilade de salles (patrimoine, musée, lieu de mémoire, etc… ), allons-nous y passer à nouveau pour retourner vers l’entrée, ou bien allons-nous sortir par un autre endroit que celui de notre point de départ ? Dans le premier cas, on ne regardera qu’une moitié (droite ou gauche) des choses à voir; dans le second cas, on aura tout intérêt à tout regarder avant de quitter chaque salle.

Un exemple : la signalétique intégrée à la programmation et au suivi des grands sites

La signalétique est un thème important pour tout responsable de l’accueil du public dans un espace protégé. La signalétique est trop souvent associée au « panneau », un réflexe dangereux ! Et une vision réductrice, tant la pratique a évolué et s’est améliorée ces dernières années.
Comment concevoir un plan signalétique intelligent, léger et en même temps compréhensible ? Quelles sont les bonnes méthodes d’approche ? Comment ne pas « trop en faire « en matière d’information in situ ?
Sous quelle forme communiquer avec le public ?
Ces Rencontres ont bénéficié de l’ expérience riche et diversifiée de Philippe Braive, chargé de mission Tourisme au Conservatoire littoral et des rivages lacustres.
Elles ont été illustrées par l’ exemple du plan signalétique de la Pointe du Raz et des témoignages de terrain des chargés de mission des Grands Sites. Au delà des techniques, l’accent a été mis sur l’importance de la présence humaine sur le sites.
Et si la meilleure signalétique était celle des hommes et des femmes qui sont sur le terrain, qui accueillent les visiteurs, les informent, les protègent ?
La signalétique, c’ est une forme de communication et la meilleure communication passe par le contact humain et la convivialité…

En savoir plus

Vers une signalétique des Grands Sites ? Troisièmes Rencontres des Grands Sites Sainte Victoire 4 et 5 octobre 2001
Siège : Grand Site de Solutré BP 25 71012 Charnay-lès-Mâcon cedex T 33 (0)3 85 21 07 70 F 33 (0)3 85 40 99 76 contact@grandsitedefrance.com - Association Loi de 1901 SIRET : 443 414 040 00016



2 commentaires

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AUBIN de MALICORNE
3 août 2008 15:56

Notre monument ( ISMH ) est une maison d’écrivain située sur la Route Historique des Maisons d’Ecrivains -en Ile de France et Normandie - et qui a créé le Circuit des Maisons d’Ecrivains en Yvelines; c’est également une demeure privée que nous avons restaurée durant 11 ans avant de l’habiter en famille et de l’ouvrir au public il y a 20 ans.
Il y a 30 ans le Conseil Général des Yvelines a eu une politique de création de signalétique mais depuis aucune nouvelle création ni modification ni ajout pour les sites nouvellement ouverts. Comment obtenir leur collaboration alors que le CDT yvelinois à qui nous avons adressé une demande ne donne pas suite ?
Par ailleurs la société d’autoroutes SAPN a refusé toute annonce de nos monuments si ceux-ci n’accueillaient pas au minimum 30 000 visiteurs; mais comment accueillir un tel nombre sans signalétique ou publicité; c’est un cercle vicieux.( je n’évoque pas uniquement notre monument mais parle aussi pour nos collègues, notamment la Maison d’Emile Zola située également dans le même village de Médan que notre demeure, ancien pavillon de chasse de Jean Brinon, mécène de Ronsard… )

Evelyne Lehalle
3 août 2008 20:01

Peut-être construire une véritable stratégie de “mise en tourisme” en fonction de la répartition des compétences - les vôtres, celles du CDT - pour commencer? Selon les publics touristiques que vous êtes prêts à accueillir, par rapport aux accès, au flux touristique, au schéma stratégique de développement touristique du département ; et avec vos capacités d’accueil et de possibilité de faire des visites en langues étrangères, par exemple.
Il est vrai que la signalétique est une étape qui vient en général conclure le travail d’organisation de l’offre, pour les acteurs du tourisme (CDT) comme pour ceux des transports (autoroutes).
La Fédération des musées et maisons d’écrivain a commencé en 2008 une mutualisation pour les propriétaires de sites culturels qui souhaitent mieux connaître leurs publics (actuels et potentiels). Si la demande est au rendez-vous, cette Fédération proposera aussi une approche stratégique du tourisme, afin que les professionnels ou amateurs se familiarisent avec le travail en commun culture/tourisme.
Car ouvrir les portes et communiquer ou signaler ne suffisent hélas pas.Le travail de rédaction d’un projet est un premier pas vers le partenariat.
Mais vous avez devant vous un avenir radieux: la région IDF est la première région touristique de France - donc, du monde… - et 30 millions de touristes étrangers sont venus à Paris en 2007!Un fait important : lors de leur “deuxième séjour”, les touristes ont déjà vu la Tour Eiffel et Le Louvre, ou, dans votre département, Versailles ou Saint Germain, bref, les “must” ; il est très possible qu’ils souhaitent s’échapper en Ile-de-de-France pour une visite de qualité, ou coupler leur visite culturelle dans les Yvelines avec la visite de votre château.
Le Tourisme de “niche”, comme l’appelle le marketing, est fait pour vous : petit volume de clientèles mais assidues et capables, si elles sont satisfaites de leur visite, d’en être aussi les ambassadrices.
Pour ce commentaire, voir aussi la Route historique des maisons d’écrivains en Haute Normandie et Ile-de-France:
Route historique des maisons d’écrivains (Haute-Normandie-Ile de France)
Onze demeures, douze écrivains… (douze à cause du couple Aragon-Elsa Triolet) : voilà de quoi occuper quelques jours de loisirs et de belles heures de relecture. Cet itinéraire touristique et culturel s’étend de l’Ile-de-France à la Haute-Normandie, traversant les départements de Seine-et-Marne (77), des Yvelines (78), des Hauts de Seine (92) pour l’Ile de France et les départements d’Eure et Loir (27) et de Seine Maritime (76) pour la Haute-Normandie. La Route Historique des Maisons d’Ecrivains est une association Loi 1901 dont le siège est au 13 avenue d’Eylau 75116 Paris. Tél. 01 47 27 45 51.

Cette route est adhérente de la Fédération nationale des Routes Historiques : http://www.routes-historiques.com

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