Mise en tourisme - écrit par Evelyne Lehalle, le 29 février 2008 - 0 commentaire

Comment intégrer la culture dans l’offre en ligne d’un site ? Que doit-on valoriser en priorité ?

Evaluer l’ensemble des sites existants dans le domaine du tourisme culturel est mission impossible aujourd’hui. Il n’existe pas d’étude en ce sens, émanant du tourisme ou de la culture. Par contre, l’amélioration des sites Internet et de leurs usage ont fait l’objet de nombreuses recherches, de nombreuses études, d’élaborations de stratégies, dont celles d’ODIT France.

- L’accès aux sites

La démarche actuelle, pour l’ensemble des accès, est vraiment compliquée, que ce soit pour un tour opérateur, une agence, un touriste: par où entrer pour faire un voyage touristique qui comprendra une activité culturelle?

  • entrer par un moteur de recherche ?
  • entrer par le territoire? (régions, départements?)
  • entrer par le tourisme?
  • entrer par le lieu - patrimoine, évènement, grand site- sur son site Internet, s’il en a un?
  • Entrer par la destination ? Les régions, les départements, les communes proposent des rubriques “culture” dans leurs pages touristiques, des renvois sur les liens des lieux culturels. Les sites du secteur touristique recensent généralement très bien toutes les possibilités de visites culturelles (Comités départementaux et régionaux, Offices de tourisme, agences de voyages, Tour Opérateurs);

- L’amélioration de l’offre culturelle et se sa place sur Internet devrait porter sur les priorités suivantes:

  • Respecter la demande d’information des visiteurs… Les sites culturels ont en commun d’isoler, dans une rubrique souvent peu accessible (pas toujours sur la page d’accueil) ou peu visible, les “Informations pratiques”. Comme si la rubrique “pratico-pratique” faisait ombrage aux nourritures spirituelles, étaient moins nobles que la visite culturelle, indignes d’intérêt , triviales. Ces informations sont, de plus, souvent très incomplètes et demandent une nouvelle démarche (réservation sur un autre site Internet ;appel téléphonique; demande au “contact” du site, etc…).
  • …et mieux répondre cette demande : toutes les études réalisées sur la fréquentation des sites touristiques et culturels montrent que, à l’exception des professionnels de la culture - qui sont prêts à tous les sacrifices! - tous les visiteurs ont besoin, pour se décider, de connaître les tarifs et les modulations tarifaires (gratuité, demi-tarif, réductions groupes, enfants…) les horaires d’ouverture, les transports pour rejoindre le lieu, s’il existe un parking, surtout pour les groupes. De plus, comme les horaires “encadrent ” généralement le déjeûner, savoir quels sont les services de proximité est aussi une question digne d’intérêt et légitime : peut-on déjeuner sur place, sinon où? Y a-t-il une boutique de vente? Une librairie? Une carterie? Un espace et des activités pour les enfants?
  • Penser surtout aux publics potentiels : les sites Internet peuvent apporter de nouveaux visiteurs. Contrairement aux dispositifs d’information habituels, plus ciblés, qui ne couvrent qu’un segment de territoire ou de clientèle, tel ou tel groupe professionnel, choisir de figurer sur un site c’est aussi choisir de s’adresser à des millions d’internautes, en France mais aussi à l’étranger. Les contenus, les informations pratiques doivent, à la différence de ceux que l’on propose dans un guide, dans la presse, comprendre d’autres données et être traduits, si possible, en une ou plusieurs langues étrangères.

Enfin les acteurs de la culture ont trop tendance à l’oublier : la culture n’est qu’une activité du tourisme, parmi d’autres ; à part les professionnels, les “fans de “, qui représentent un nombre infinitésimal de visiteurs, peu de gens sont “monomaniaques” et organisent leur séjour sur le seul thème de la visite culturelle. Choisir un site Internet, ce n’est donc pas forcément démultiplier l’information sur les collections (ou l’histoire du lieu) mais trouver un équilibre entre discours sur le lieu et celui que les internautes attendent du site pour réussir leur séjour touristique (cf définition du tourisme :une nuitée, au moins, en dehors de son domicile).

  • Fédérer l’ensemble des propositions, les adapter aux différentes clientèles, dès l’accès au site. Voilà le défi qui est posé à tous les sites qui ont une entrée culturelle. A dire sans cesse que “les lieux culturels sont ouverts au public le plus large possible” peut-être que les acteurs culturels oublient parfois que ce public , en fait, n’existe pas concrètement, et que s’adapter aux profils des visiteurs potentiels est encore la meilleure garantie d’améliorer la fréquentation

Les visiteurs devraient pouvoir choisir, au moins en fonction de leurs profils, ce qui correspond le mieux à leur situation: : Viendra-t-on seul? En groupe? Est-on en famille? Ou bien souffre-t-on d’un handicap? Vient-on de l’étranger?

  • Hiérarchiser l’offre : si une offre de plusieurs centaine de possibilités est proposée, encore faut-il aider au choix : sur les sites des Offices de tourisme ou des Comités départementaux du tourisme, tout est au même niveau, les 50 églises romanes ont l’air “toutes égales”, alors que l’on sait que certaines valent plus que d’autres (leur histoire, leur architecture, leur état de conservation, leur mobilier…). Ne pas faire de hiérarchie dans l’offre, c’est provoquer l’”embarras” du choix et prendre le risque que, la chose étant difficile, les touristes aillent voir ailleurs pour trouver une activité.
  • Une vraie démarche d’amélioration de la fréquentation touristique : l’aide à la préparation du voyage, la spécialité du web!

La culture représente entre 60 et 80% du potentiel d’attractivité de la France, selon l’étude IPSOS Maison de la France 2006) et souvent plus de 60% de la fréquentation des lieux, sites et évènements culturels. S’adapter aux tendances porteuses des voyageurs, comme le court-séjour, la préparation du séjour sur Internet serait déjà un travail très utile. Leur préparer le voyage sous forme de forfaits, packages, avec des prix négociés (transport/hôtellerie/visite culturelle), c’est enlever le côté fastidieux et un peu anxiogène de la préparation du voyage sur plusieurs sites Internet, pour  consacrer plus de temps à la visite culturelle elle-même. Y compris sur le lieu du séjour, pendant lequel la visite sera aussi libérée de contraintes habituelles ( repérage, recherche, attentes).

  • Profiter des atouts d’un site Internet par rapport aux autres modes de communication

Les sites Internet, mieux que tout autres dispositifs, sont adaptés à différentes fonctions : choisir (moteur de recherche); imaginer, simuler, se représenter ( Sites communautaires ou My Space) se repérer ( en lien avec avec un GPS, Google Earth ou similaire); donner des avis, échanger des avis (blog, sites collaboratifs). Accéder à des documentations, des archives, de l’image animée, des photos, etc…Pour comparer des productions artistiques, voir l’”avant-après” d’un monument, par exemple. Podcaster la musique d’un concert , une visite-conférence.Et bien sûr naviguer d’un port à l’autre (transports;navigation entre les différentes activités( culture , et tout le reste). Mais le point le plus sruprenat est que les nouveaux modes collaboratifs vont sans doute permettre de créer des expos en ligne, de nouvelles historie des arts, bref, interagir avec le savoir des professionnels (expositions temporaires, par exemple) qui, jusque là, étaient a priorité incontestables (les Lives d’Or, époque préhistorique de la démarche qualité façon collaborative des lieux culturels. a ne contenaient jamais de remise en cause réelle des contenus exposés ou de prolongement des connaissances, par exemple. Mais surtout, ils n’étaient lus que de façon confidentielle. Le blog permet à des milliers de visiteurs de prendre connaissance de la propreté du lieu…Ou de l’erreur de datation de tel objet.)

  • Replacer l’activité culturelle dans la continuité du séjour

La visite culturelle seule, isolée des autres activités, isolée des composantes du voyage (le transport, l’hébergement) est un peu orpheline d’une continuité que souhaitent tous les touristes pour donner un sens à leur voyage.

  • Et construire son offre en tenant compte trois moments de la visite

Pour être opérationnel, très concrètement, il faut sans doute, à partir de chaque établissement, réseau, ou évènement culturels, faire un projet qui analyse les différentes composantes de l’offre, en répartissant les tâches dans le temps du voyage et de la visite. A notre avis, les opérateurs et techniciens d’un tel site se passer, pour construire cette offre, de la double compétence des acteurs du tourisme d’une part et de celle des acteurs de la culture.

  • avant : la préparation
  • pendant : l’accompagnement
  • après : les souvenirs, les prolongations

Ces trois moments peuvent servir de base aux concepteurs des sites, pour correspondre à une démarche qui, si elle se heurte à trop de difficultés, échouera ou se transformera en choix, par le touriste, d’autres activités, plus accessibles et plus attractives, qui viendront concurrencer la culture. Faciliter son accès n’enlève rien à la qualité de l’offre culturelle.

En conclusion,

les meilleurs sites seront donc ceux qui auront tenu compte des usages, des pratiques de l’Internet, bien différents du feuilletage d’un catalogue. Et des nouveaux usages, en particulier. Un exemple : les blogs d’utilisateurs, les appréciations sur la visite touristique, qui ont fait leur apparition et se développent pour les acteurs de l’hôtellerie, du transport, de la restauration et de la gastronomie, ne sont pas encore présents.

Ces usages, comme les pratiques cultuelles des touristes, évoluent : penser aussi, et c’est l’un des plus importants atouts de l’Internet par rapport au support papier, à à faire évoluer le site en continu.

En savoir plus

  • Toutes les autres questions du site relatives aux TIC/Tourisme/Culture
  • Le blog, pour une veille sur ce sujet, de la Revue Espaces


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Commentaire

ODIT France

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