Emploi & formation - écrit par Claude Origet du Cluzeau, le 15 janvier 2008 - 0 commentaire

Comment est abordée la question du tourisme culturel (approche marketing) dans les formations des conservateurs ?

  • Les lieux culturels du secteur public, en France, n’ont pas comme aux Etats Unis, au Canada, en Europe du Nord, en Angleterre… une obligation de recettes, hors billetterie, ni de fréquentation a minima.
  • Les politiques publiques de la culture, dont celles de la formation des conservateurs, par exemple, ont donc beaucoup de difficultés à intégrer une démarche marketing dans les objectifs de formation.
  • Le débat, toujours recommencé depuis les années 70, du conservateur scientifique et du conservateur directeur -gestionnaire est encore un sujet de polémiques françaises qui, il est vrai, étonnent beaucoup la grande majorité des mêmes responsables à l’étranger.
  • La priorité, en matière de politique des publics en France concerne depuis plus de 10 ans les “publics de proximité”, à commencer par les publics scolaires ou jeunes des quartiers défavorisés. Les directives nationales d’orientation (2003/04/05) transmises par l’Etat dans les régions (directions régionales des affaires culturelles) concernent ce public de proximité, et les touristes ne sont pas mentionnés comme tels dans les procédures et autres aides possibles.
  • Pourtant les touristes sont partout majoritaires dans la fréquentation, mais l’effort porte donc les publics locaux, avec pour objectif la démocratisation de la culture.

Cela dit, rien n’empêche, pour les lieux culturels, les élus responsables ou propriétaires de ces lieux, sites et évènements d’adapter les procédures en fonction de leurs besoins réels et de se doter de solides stratégies pour l’accueil des publics touristiques. Comme le font l’ensemble des dirigeants du secteur privé, qui envisagent tous une fréquentation “la plus large possible”, qui comprend donc les stratégies pour le tourisme.

  • Dans ce paysage, on comprendra mieux pourquoi les conservateurs ont une formation avant tout “scientifique”, basée sur un domaine de compétence (Beaux-arts, sciences, ethnologie, histoire…) et sur une gestion du lieu et des personnels (Droit, Finances, Ressources Humaines). Il se peut que quelques heures fassent l’objet d’une formation spécifique dans le cursus de formation et les stages complémentaires des conservateurs, mais il n’y a aucune obligation en la matière.

En guise de conclusion

Les sites majeurs dans chaque région, ou les sites “en réseau” ont l’habitude de travailler avec les professionnels du tourisme, du Mont Saint Michel au Louvre, et l’on peut espérer que cette formation deviendra indispensable, comme celle d’une petite “base culturelle” pour les professionnels du tourisme. On ne peut en effet multiplier les compétences des uns et des autres, mais une plate-forme commune de connaissance des objectifs et des méthodes permettrait de mieux développer le tourisme culturel dans chaque région à partir de stratégies conjointes des deux filières.



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Commentaire

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