Connaissance des clientèles - écrit par Evelyne Lehalle, le 25 juin 2008 - 2 commentaires
Les courts séjours
Les courts-séjours, leur définition et surtout la connaissance de la durée du séjour des touristes, de leurs motivations, de leurs pratiques pendant ce séjour, voilà une base aujourd’hui incontournable pour la mise en tourisme de sites, lieux et évènements culturels.
Il semble en effet que plus les sites culturels s’adapteront à la présence des touristes sur leur territoire, mieux ils seront fréquentés et appréciés. L’ensemble du message qu’ils veulent faire passer (exposition temporaire, monument, musée ou festival), doit donc, pour arriver à leur destinataires (les publics- dénommés les clientèles par les acteurs du Tourisme - ) tenir compte en particulier de la durée de la visite ou de l’évènement.
Si les acteurs de la Culture se sont adaptés à la saisonnalité, dans les régions, peu est fait pour la majorité des courts-séjours en France ou pour développer les ailes de saisons (printemps et automne sur le littoral, par exemple) par les acteurs de la Culture.
Et pourtant, les courts séjours sont aujourd’hui le trait dominant de l’activité culturelle et touristique : les touristes sont les publics les plus nombreux de la culture, qu’ils soient français ou étrangers.
Il s’agit donc de mieux prendre en compte, pour augmenter la fréquentation et la qualité de la visite, ces courts séjours.
- Développer la préparation de la visite (site Internet, possibilité de réservation pour organiser son voyage et l’activité culturelle);
- Pendant la visite : développer les circuits accompagnés (guides-conférenciers, nouveaux audioguides) et les possibilités de visite des œuvres majeures (musée, exposition) ou des parties les plus intéressantes, pour le comprendre, d’un monument;
- Après la visite : inciter les visiteurs à formuler des avis(blogs) ; développer la fidélisation, évaluer, proposer de nouveaux services.
De façon générale, de grands opérateurs proposent des forfaits de deux ou trois jours pour les autres activités du tourisme (randonnée, sports d’hiver, tourisme urbain, etc.). Plus rarement pour les activités culturelles. La raison : pour l’activité culturelle, l’offre est surtout destinée aux habitants de proximité, les touristes sont rarement ciblés ; les acteurs du tourisme doivent donc se saisir des opportunités et constuire le produit avec ce qui est fourni (affiches, présentation de l’exposition ou du concert). Et y ajouter les différents sin qua non du tourisme (transport, plans, lieux de restauration, autres activités possibles pour une journée…). Le plus gros problème demeure le “Contact”, et les délais nécessaires pour construire la proposition (délais souvent insuffisants, pas de présentation et de contact spécifique (Eductours), peu d’adaptations possibles pour les horaires, jours fériés, visites en langues étrangères,etc..
Les activités culturelles gagneraient à être aussi proposées avec l’hébergement, la restauration, le voyage, sous forme forfaitaire.
L’un des meilleurs exemples est sans doute celui de l’offre permanente de courts séjours proposé par la FNAC à ses adhérents, avec une souplesse remarquable; le forfait proposé se compose de l’hébergement et d’une visite d’une exposition artistique, en général chez nos voisins européesn (Belgique, Hollande…). La préparation, souvent fastidieuse, du voyage, est ainsi simplifiée, les choix “labellisés ” par la marque et des réductions de prix ont été négociées. Les modulations tarifaires, horaires et des services variés sont aussi proposés pour que l’on puisse personnaliser son voyage. Enfin, on peut réserver et payer son escapade sur Internet.
A contrario, une Biennale d’art contemporain renforce, d’année en année, la documentation et les aides à la visite sur les sites de visite, pour les habitants de la proximité.
Mais pour les visiteurs de passage, à priori les plus nombreux, le “parcours du combattant” est au rendez-vous : rien, ou presque, pour les aides au transport - la Biennale est multi-sites, comme souvent - ou pour visiter le reste de la ville, découvrir à cette occasion de séjour la gastronomie ou les hôtels de charme.
Rien ou presque pour faire un voyage “maxi-discount” pour les clientèles jeunes, en profitant de la qualité de certains lieux (hébergement, restauration rapide), de rencontres ou d’autres atouts de la ville, qui n’en manque pourtant pas. La question des visites en langues étrangères n’est pas non plus facile.
Les nouveaux audioguides pour la visite, couplés avec des GPS pourront sans doute résoudre une bonne partie de ces problèmes : les manifestations à vocation internationale ne sont pas si nombreuses, en France, hors période d’été, et l’évènementiel culturel est particulièrement développé. Reste à progresser pour augmener la qualité de la préparation des voyages touristiques et, in situ, la qualité de l’accueil des touristes et la fréquentation.
Comment connaître la problématique localement?
Les Offices de Tourisme et Comité Départementaux du Tourisme, connaissent bien les clientèles, leurs pratiques, leurs flux, CSP, leur profil et leur demandes (Par nationnalité, pour les régions les plus touristiques).
Les acteurs de la Culture peuvent se rapprocher de ceux du tourisme, donc, pour étudier, plusieurs mois à l’avance, de nouvelles propositions pour développer la fréquentation des lieux et des évènements.
A noter : les grandes disparités entre les régions, en France, pour les courts –séjours, leur rythme annuel, marqué par la saisonnalité, évidemment , mais aussi les différences d’un département à l’autre, comme en PACA, ou les variations selon les villes, et l’évènementiel qu ‘elles organisent. Tout peut s’expliquer, ou à peu près, cependant on gagnera à analyser de près les statistiques nationales et surtout régionales, départementales et municipales.
Nous présentons ici, en exemple, un article des chiffres-clés de l’Observation régionale de la Région PACA:
“Le marché du court séjour en Europe se caractérise par 3 points :
- une demande en forte augmentation,
- une offre en mutation (métamorphose des villes),
- mais aussi par une concurrence accrue (augmentation des destinations éligibles).
Caractéristiques du court séjour des Français face à une concurrence Européenne
En France, le marché des courts séjours représente plus de la moitié de l’ensemble des séjours des Français et plus de 60% des séjours des Français en France :
- près d’un Français sur deux part en court séjour au moins une fois dans l’année (46%)
- un Français sur 4 part en court séjour en hébergement marchand (estimation de 32 millions de séjours en hébergements marchands).
Les comportements en court séjour sont beaucoup plus volatiles : il est plus difficile de fidéliser les clientèles contrairement aux habitudes des Français par rapport aux grandes vacances.
Hausse régulière des courts séjours des Français à l’étranger depuis 2002 : 28 % des séjours des Français à l’étranger en 2006 sont des courts séjours, soit 5, 6 millions de séjours.
Croissance continue du tourisme en ville, qui représente 35,8 % des séjours des Français en 2006 (soit 66,1 millions de séjours), contre 33,5 % en 2001 (53,6 millions, soit + 12%).
La France serait la première destination des courts séjours en Europe (forte représentation de Paris).
Mais les principaux concurrents de la France en Europe restent l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et l’Espagne. Les principales « villes » en compétition en Europe pour les courts séjours urbains : Paris, Londres, Amsterdam, Barcelone, Rome, Venise, Dublin, Bruxelles mais aussi Berlin, Prague, Budapest ou encore New York… Des villes européennes de plus en plus attractives (desserte aérienne à bas coût, offre culturelle diversifiée, expositions prestigieuses (peintres), offre tourisme d’affaires,…)
Les européens partent donc de plus en plus en court séjour (les Britanniques, les Allemands, les Belges, les Espagnols, les Hollandais, les Italiens…), une croissance soutenue par le développement des compagnies low cost, une offre urbaine et évènementielle, et par des sites Internet dédiés au court séjour.
Les types de courts séjours identifiés aujourd’hui : des séjours de multiples formes et des activités variées avec une prédominance du tourisme affinitaire : visites à des parents ou des amis, week-end en famille, mais aussi week-end en ville, courtes vacances à la mer, courts séjours sportifs à la montagne ou randonnée, escapades à l’étranger.
Les motivations du court séjour sont très diverses : découvrir une ville, participer à une exposition, un évènement, shopping, pratique d’une activité sportive, une offre de dernière minute.
Le court séjour s’accentue avec l’explosion d’Internet : meilleure accessibilité des destinations, plus de choix et d’information avec des offres tarifaires intéressantes, possibilité de réservation directe notamment la billetterie pour le transport mais aussi l’hébergement.
Un coût séjour marchand coûte plus cher qu’un long séjour : les dépenses des touristes en court séjour touchent des différents segments de l’offre (l’hôtellerie et les chambres d’hôtes constituent la demande majoritaire en court séjour).
Le court séjour est favorisé aussi grâce aux améliorations des infrastructures de transport : en PACA mise en place du TGV méditerranée depuis 2001. Cette progression constante a profité avant tout aux résidents secondaires, aux visites famille ou amis mais aussi aux courts séjours marchands. Le train génère 25% de la clientèle court séjour de la région
Exemple du nouveau terminal MP2 à Marseille en 2007 : on est passé de 15 à 33 dessertes européennes directes en un an avec une augmentation de plus de 44% soit + 847 000 pax pour atteindre un volume de 2,3 millions de pax (60% incoming pour 40% outgoing) : plutôt des nouveaux clients et majoritairement des courts séjours mais aussi des visites à la famille/amis. L’implantation récente des compagnies low cost dans les autres aéroports de la région (Nice, Toulon et Avignon) accentue le rayonnement de la région sur les villes européennes : 50% de la clientèle des compagnies low cost réalise du court séjour urbain.
Le tourisme local ou intra régional, caractéristique de PACA (3éme région de France par sa population) pratique aussi le court séjour.
La multiplication des séjours et des déplacements profite avant tout au tourisme de proximité mais dérive aussi de plus en plus vers les déplacements à la journée (excursionnisme).
En 2006, Provence-Alpes-Côte d’Azur a réalisé 220 millions de nuitées pour 33 millions de séjours dont 42 % de courts séjours soit environ 14 millions (dont 70% sont d’origine extra régionale) et 58% de longs séjours.
Entre 1996 et 2006, 70% des nuitées gagnées par la région sont réalisées le week-end (vendredi, samedi, dimanche) et confirment une nouvelle dynamique de fréquentation touristique liée à l’augmentation de courts séjours autour des week-ends. Les courts séjours de la clientèle touristique (extra-régionale) en PACA se réalisent à :
- à plus de 70% dans les villes de la région (tourisme urbain - city break),
- 48% pour les loisirs,
- 34% pour des visites à des parents et amis (tourisme affinitaire) et
- 10% pour affaires.
Les courts séjours se concentrent au printemps mais aussi en été généralement autour de dates clés 14 juillet, 15 août, en automne notamment au cours des vacances de la Toussaint. Le jeudi, vendredi et lundi sont les jours fériés les plus aptes à favoriser la possibilité de création de court séjour autour des week-ends. Le calendrier des jours fériés et des ponts est un enjeu : plus le calendrier des jours fériés est favorable à des ponts et plus le phénomène des courts séjours peut se réaliser.”
Extrait de : “Le développement des courts séjours en France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur”
Pour lire la suite : http://www.chiffres-tourisme- www.chiffres-tourisme-paca.fr, ou
http://www.chiffres-tourisme- www.chiffres-tourisme-paca.fr/PageEditosFr.asp?IDPAGE=64&sX_Menu_selectedID=m2_B2E56535
2 commentaires
coralie F
thierry
oui et tordre le cou aux idées reçues car pour info la Pologne reçoit 17 à 18 millions de touristes par an contre à peine 9 pour le Maroc et une 12 pour la Grèce. Ne parlons pas de Prague qui multiplie les chiffres, et proposent désormais une offre hoteliere à plus de 500 hôtels pour une ville de 1000 000 d’habitants plus petite que Lyon ou Marseille.
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en fait cela pourrait se reformuler autremen...
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- Bonjour,
Il manque un en effet un lien merci ! C'est cet article : http://www...
- Bponjour
Je ne trouve pas l'article; Comment faire pour attirer et faire reve...
- En fait, il y a hélas en France peu d'enquêtes récentes qui vont sufisamment dan...
- bonjour,
entre les deux parties, les pro-commercialistes pret a commercialis...
- Pour information, voici une initiative de tourisme vert et culturel qui illustre...
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Fréquentation - 26 juin 2008 - 2 commentaires
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Commercialisation - vente - sept 8, 2008 15:03 - 0 commentaire
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Merci beaucoup pour cette page internet qui m’a apportée enormément pour mon exposé de BTS VPT en Vente sur les “court séjours et Weekend”
(questions posées : Qui (la clientèle) ? Quand ? Ou ? Comment (s’y rendre & comment se déroule ce type de séjour) ? Pourquoi (les attentes des clients) ? Combien (les prix et que comprennent-ils) ?