Connaissance des clientèles, Fréquentation - écrit par Francois Desbos, le 5 juin 2008 - 2 commentaires

Comment évolue la fréquentation des sites culturels depuis 10 ans ?

Depuis 10 ans on peut remarquer trois grandes tendances pour la fréquentation des sites culturels :

  • Les sites-phares augmentent leur fréquentation et les équipements et manifestations de moindre envergure semblent avoir du mal à trouver un nouveau souffle de croissance ;
  • Les pratiques culturelles des français, mais aussi celles des touristes étrangers se diversifient et la demande de services ou de qualité de l’offre est de plus en plus forte, que ce soit pour le tourisme culturel en France ou pour celui des autres pays européens ou de l’International ;
  • Partout où le tourisme est réellement pris au sérieux, où des professionnels du secteur associent leurs compétences avec ceux de la culture de façon pérenne, la fréquentation est au rendez-vous !

Car l’attractivité de la France repose en grande majorité sur son image culturelle, pour tous les touristes étrangers en particulier.
Mettre en œuvre, comme il a été fait ces dix dernières années pour les “publics de proximité”, des politiques et des actions au service du tourisme culturel est toujours une source de notoriété et de croissance de la fréquentation des sites, des équipements et des manifestations culturels.
La base de données sur laquelle s’appuient les statistiques présentées ici, indispensable pour repérer les grandes tendances d’évolution de la fréquentation au niveau national, constitue également un outil précieux pour l’éclairage des enjeux locaux, puisqu’elle permet de connaître au niveau de chaque site l’évolution de sa fréquentation, et autorise donc tout type d’analyse territoriale ou catégorielle.
ODIT France gère une base de données remontant à une quinzaine d’années et portant sur la fréquentation annuelle de quelques 3000 sites et manifestations touristiques de plus de 10 000 visiteurs, à partir des remontées d’informations en provenance principale des Comités Départementaux du tourisme.

Afin de permettre aux gestionnaires de ces lieux comme aux professionnels du tourisme de disposer d’une typologie fine permettant une véritable comparaison des fréquentations pour des lieux très semblables sur le plan de l’offre, l’ensemble des sites touristiques ont été classés en 17 catégories distinctes :

  • 8 catégories à « vocation plutôt culturelle »

Catégorie A : Sites et musées archéologiques
Catégorie C : Châteaux et architectures civiles remarquables
Catégorie E : Ecomusées et musées d’art et traditions populaires
Catégorie M : Musées des beaux-arts
Catégorie Mil : Sites à caractère militaire et lieux de mémoire
Catégorie N : Muséums et musées d’histoire naturelle
Catégorie R : Edifices et patrimoine religieux
Catégorie Th : Musées thématiques

  • 9 catégories à « vocation plutôt non culturelle »

Catégorie Fl : Festivals, spectacles et manifestations
Catégorie G : Grottes, gouffres, avens et grottes préhistoriques
Catégorie J : Parcs, jardins et arboretums
Catégorie P : Parcs à thèmes
Catégorie S : sites, villes et villages pittoresques
Catégorie Tc : Sites industriels, agricoles, artisanaux et visites techniques
Catégorie Tj : Tourisme de jeux
Catégorie Tr : Transports touristiques
Catégorie Z : Parcs animaliers

L’exploitation porte sur un échantillon constant de 876 sites ayant une fréquentation comptée et renseignée sur la totalité de la période 1996-2006. Ces sites totalisent 106 788 800 visiteurs en 2006.

Structure de la fréquentation en 2006

Les catégories les plus fréquentées sont de loin les châteaux et architectures remarquables (24,3% de l’ensemble) et les parcs à thèmes (17,9%), suivies des musées des beaux-arts (15,9%), des musées thématiques (9,6%) et des parcs animaliers (9,2%).

659 sites culturels

659 sites culturels

217 sites non culturels

217 sites non culturels

Tendances globales sur les dix dernières années

La fréquentation des sites nationaux (base 100 en 1996) stagne de 1996 à 2003, à l’exception des années 2000 et 2002 qui se situent à environ 5% au-dessus du niveau de 1996, pour se stabiliser à compter de 2004 à quelques 5,3% au-dessus du niveau de 1996.

Hors sites parisiens, l’évolution est plutôt plus favorable jusqu’en 2001 et moins favorable à compter de 2004, la fréquentation 2006 rejoignant le niveau de 1996.

En restreignant un peu plus l’analyse aux sites non franciliens, la seule différence notable par rapport à l’évolution des sites non parisiens est une accentuation de la baisse de 2005 à 2006.

L’exclusion du champ national des sites azuréens et du Centre-Val de Loire (37 et 41) n’a aucune influence sur le profil d’évolution de la fréquentation.

Quelle que soit l’année, le poids de la fréquentation culturelle est dominant et représente entre 60% et 64% de la fréquentation totale.

Tendances par catégorie de sites selon la période

Les tendances d’évolution des fréquentations diffèrent énormément en fonction des catégories. Ainsi, pour les sites « à vocation culturelle », seules les catégories M et Mil enregistrent des progressions sur les trois périodes étudiées, les musées des beaux-arts profitant notamment de la montée en puissance progressive des grands sites parisiens (expositions, politiques des publics adaptées…).
En revanche, les catégories E et N connaissent sur la période 1996-2006 des reculs de fréquentation égaux ou supérieurs à 10%.

Pour les sites à vocation « non culturelle », la catégorie Fl enregistre une progression significative
(+ 31,2% pour la période 1996-2006), même si la base de données est loin de couvrir l’intégralité du champ en ce qui la concerne.
Seules trois catégories accusent des reculs de fréquentation au cours de chacune des périodes de la décennie d’études : les catégories G (-4,3% de 1996 à 2006), J (- 7,4%) et surtout Tc (- 13,6%).

Evolution de la fréquentation des sites à vocation culturelle au cours de la période 1996-2001-2006

Evolution de la fréquentation des sites à vocation non culturelle au cours de la période 1996-2001-2006



2 commentaires

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MAHY Michel-Alexandre
11 juillet 2008 12:38

il semble que les touristes ne se contentent plus de visites même avec un commentaires culturel (historique, architecturel, en matière de beaux-arts) mais qu’ils préfèrent de beaucoup les attractions ludiques : costumes, repas médiévaux, animations, concerts, etc.

Evelyne Lehalle
19 juillet 2008 16:07

Et pourtant,le premier musée visité est un musée de Beaux Arts, celui du Louvre! Faut-il comprendre que la fréquentation dépend de la situation d’un musée et de sa notoriété, certainement. Mais comme tous les lieux de culture sont loin de pouvoir accueillir autant de visiteurs que celui du Louvre, chacun à sa chance dans la concurrence de toutes les activités proposées aux touristes, français et étrangers. Les Parcs à thème sont, pour la majorité d’entre eux, en légère baisse de fréquentation (Voir cet article sur l’évolution de la fréquentation depuis 10 ans). Nous croyons que si un effort de présentation est réel - cette année encore j’ai vu “aryballe” au lieu de “vase pour l’huile parfumée” sur un cartel censé “expliquer” ; si on tient compte aussi des comportements des visiteurs, de leurs difficultés - ah! la signalétique…- et surtout si on travaille l’accueil des touristes en commun, entre professionnels du tourisme et professionnels de la culture, il n’y a aucune raison pour que les touristes, dont le seul point commun est qu’ils “passent une nuit en dehors de leur domicile”, ne viennent pas visiter les lieux culturels.

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